Le coeur du dispositif Jeanbrun repose sur un mécanisme d’amortissement fiscal, c’est-à-dire la possibilité de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien de ses revenus fonciers imposables. Ce mécanisme est encadré à la fois dans sa base de calcul, ses taux et ses plafonds.
Le mécanisme d’amortissement : principe et base de calcul
L’amortissement s’applique non pas sur la valeur totale du bien, mais sur une base forfaitaire fixée à 80 % du prix d’acquisition hors foncier. Pour les logements anciens faisant l’objet de travaux, cette base est augmentée du montant des travaux de rénovation. Autrement dit, la valeur du terrain est exclue du calcul, ce qui est cohérent avec la pratique comptable et fiscale habituelle de l’amortissement immobilier.
Exemple concret : pour un appartement neuf acquis 300 000 € (hors terrain), la base amortissable sera de 300 000 € × 80 % = 240 000 €. C’est sur cette base que le taux d’amortissement annuel sera appliqué.
Les taux d’amortissement selon le type de location
Le taux applicable dépend de deux critères : la nature du logement (neuf ou ancien rénové) et le niveau de loyer et de ressources du locataire (intermédiaire, social ou très social). Le tableau ci-dessous récapitule l’ensemble des combinaisons possibles :
| Hypothèse | Taux d'amortissement | Plafond annuel / foyer fiscal |
| Immeuble ancien – location intermédiaire | 3% | 8 000 € |
| Immeuble neuf – location intermédiaire | 3,50% | 8 000 € |
| Immeuble ancien – location sociale | 3,50% | 10 000 € |
| Immeuble ancien – location très sociale | 4% | 12 000 € |
| Immeuble neuf – location sociale | 4,50% | 10 000 € |
| Immeuble neuf – location très sociale | 5,50% | 12 000 € |
Le tableau des montants utiles d’investissement
Les plafonds annuels de déduction génèrent mécaniquement un plafond implicite d’investissement « utile », c’est-à-dire le montant à partir duquel l’amortissement est saturé. Au-delà de ce montant, l’amortissement théorique excède le plafond et une partie de la déduction est perdue chaque année :
| Hypothèse | Taux | Plafond annuel | Montant utile d'investissement |
| Ancien intermédiaire | 3% | 8 000 € | 333 333 € |
| Neuf intermédiaire | 3,50% | 8 000 € | 285 714 € |
| Ancien social | 3,50% | 10 000 € | 357 143 € |
| Ancien très social | 4% | 12 000 € | 375 000 € |
| Neuf social | 4,50% | 10 000 € | 277 778 € |
| Neuf très social | 5,50% | 12 000 € | 272 727 € |
Ces montants sont calculés dans le cadre d’un investissement unique. En cas de détention de plusieurs biens éligibles, le plafond de 8 000 € (ou majoré) s’applique à l’ensemble des amortissements du foyer fiscal, tous investissements confondus.
Le plafond global et la condition des 50 % pour bénéficier des majorations
Le plafond d’amortissement déductible est fixé à 8 000 € par foyer fiscal et par an, tous investissements confondus. Ce plafond peut être majoré dans les conditions suivantes :
- Majoration à 10 000 € si au moins 50 % des revenus bruts issus de l’ensemble des logements relevant du dispositif sont affectés à la location sociale ;
- Majoration à 12 000 € si au moins 50 % de ces revenus sont affectés à la location très sociale.
Cette condition de 50 % s’apprécie au niveau du foyer fiscal sur l’ensemble du parc locatif bénéficiant du statut du bailleur privé. Il ne suffit donc pas qu’un seul bien soit loué en social pour obtenir la majoration : c’est la proportion dans les revenus globaux qui compte.
Le plafond absolu : le cumul des amortissements ne peut dépasser le prix d’acquisition
Une règle importante à connaître : le cumul total des amortissements pratiqués sur un même bien au fil des années ne peut jamais excéder le prix d’acquisition du logement, augmenté le cas échéant du montant des travaux. Une fois ce plafond absolu atteint, aucun amortissement supplémentaire ne peut être déduit pour ce bien.
Le point de départ et la durée de l’amortissement
L’amortissement commence à courir à partir du premier jour du mois d’achèvement de l’immeuble ou des travaux, ou du mois de l’acquisition si elle intervient postérieurement à l’achèvement. Il n’y a pas de durée maximale prédéfinie : l’amortissement continue tant que le plafond absolu n’est pas atteint et que l’engagement de location est respecté.